II- FILIÈRE VITICOLE

décembre 22, 2014 Aucun commentaire »
II- FILIÈRE VITICOLE

 

Compte tenu des Termes de Références définies, l’étude n′est pas conçue comme une étude statistique exhaustive, mais une identification des différentes contraintes et une élaboration des propositions pour lever ces contraintes. La démarche retenue est la suivante :

- Collecte des données d′informations disponibles (statistiques, rapports etc.). -

-Evaluation de ces informations en fonction de l′objectif du travail- prise de contact avec la profession                                                                                                                                -Elaboration de propositions.

Le présent document est la synthèse des résultats de l′étude qui comprend un aperçu de la politique viticole, un diagnostic de la filière et des recommandations pour chaque axe de travail.

Cette synthèse constitue un résumé des principaux résultats des rapports partiels qui traitent les thèmes spécifiques. Il va de soi que la synthèse ne peut traiter que les points essentiels.

Les détails par axe sont consignés dans l′étude.

La viticulture occupe une superficie de 58 000 ha et représente 12 %, de la SAU occupée par les Plantations. Le vignoble national constitue la 4ième culture pérenne sur le plan de la surface et représente le 2ième poste à l’exportation pour l’arboriculture fruitière.

 

  1. LA POLITIQUE SECTORIELLE

 

Le développement de la vigne est basé sur quatre principaux éléments :

- La capacité d’adaptation de la vigne qui permet de protéger et de valoriser les zones marginales et notamment les zones de relief à climat semi-aride et à sol pauvre.

- Les besoins élevés de la vigne en main d’oeuvre qui permettent une occupation appréciable de la force de travail dans les régions de sous emploi.

- L’existence de terroirs reconnus pour la qualité de la production vinicole qui dispose de marchés à l ‘exportation.

- La volonté d’augmenter sensiblement la consommation de la population en raisins frais et d’améliorer la ration alimentaire.

 Présentation

Les caractéristiques essentielles du vignoble sont les suivantes :

Sources : Statistiques MADR 2002

La production en raisins de table permet en moyenne une consommation annuelle de 5 kg/ habitant de raisins frais. La production vinicole est de 300 000 hl/an, une partie est écoulée sur le marché à l’exportation.

La production en raisins secs couvre une faible part des besoins locaux qui sont majoritairement couverts par l’importation.

 1.2. Le PNDA

 

catégorie Superficie enRapport (ha) Production(qx) RDTqx/ha
Vigne de table 30 080 1 182 930 39.3
Vigne de cuve 21 520 283 770 13.2
Vigne à raisins de séchage 130 2 330 17.9

Sources : Statistiques MADR 2002

 

La politique de développement viticole n’a eu réellement un effet qu’avec le lancement du PNDA en 2000.

L’objectif visé est d’étendre le vignoble existant pour reconvertir la céréaliculture et sur les zones marginales et d’adapter le système de cultures aux conditions du milieu.

Cette politique est concrétisée par le soutien accordé aux plantations viticoles à l’extension et à la réhabilitation des CPM.

Le niveau des subventions accordées par le FNRDA représente plus de 50 % de l’investissement nécessaire pour réaliser les plantations.

Le FNDRA a favorisé l’extension du vignoble existant et a permis les réalisations

 

Opération Coût DA/ha Subvention(%)
Vigne de table 295 339 9.52
Vigne de cuve 364 830 4.60
CPM 176 902 3.81

 

Le FNDRA a favorisé l’extension du vignoble existant et a permis les réalisations suivantes entre 2000 et 2002 :

14 421 ha   de vigne de cuve

9 117 ha   de vigne de table

271 ha  de Champ de pieds Mère

La politique d’appui a permis de dynamiser l’ensemble de la filière viticole et a également permis de montrer les limites de l’organisation actuelle de la filière et les faiblesses de la politique sectorielle.

De manière générale il a été constaté le manque de plants et leur provenance douteuse ; ce qui réduit considérablement l’impact du programme.

Ce problème concerne en premier lieu l’amont de la filière et se résume en 3 points :

- La production de plants :

Ce secteur a été longtemps marginalisé suite à l’absence de programme de plantation conséquent. Il s’en est suivi un désinvestissement massif au niveau du potentiel de production et au niveau de la qualification technique. Cette régression s’est déroulée au moment où la viticulture dans le monde a connu un développement important qui a révolutionné les techniques de production et de gestion.

Le secteur est actuellement caractérisé par des techniques et des méthodes de production dépassées (sous qualification du personnel et désorganisation de la profession…).

Il a également perdu les CPM et la connaissance des encépagements qui sont à la base de la production de plants notamment dans le cas de la vigne de cuve.

Il faut noter qu’un effort de mise à niveau a été engagé pour quelques unités de production grâce à l’appui du FNRDA mais que les résultats ne se verront qu’à moyen terme.

- La prise en charge programme PNDA

La prise en charge du PNDA par les structures techniques au niveau de l’agrément et du contrôle de l’opération a donné lieu à une charge de travail considérable compte tenu de l’importance du programme. La responsabilité des institutions chargées d’encadrer l’opération est énorme ; mais elle n’a pas donné lieu à une dotation en moyens supplémentaires qui pouvaient être prévus par le FNRDA.

Les fonctions de contrôle et de suivi des plantations ne peuvent être efficaces en l’absence de moyens nécessaires.

- L’investissement

Le FNRDA soutient l’investissement agricole et a permis au cours de ces deux premières années d’application des réalisations importantes en plantations viticoles.Il reste que l’entretien des plantations avant l’entrée en production représente une charge importante qui ne peut être supportée par tous les bénéficiaires de projet. Il faut noter les restrictions des crédits de campagne et les difficultés de financement que connaissent les exploitations. L’entretien et la valorisation des investissements réalisés nécessitent la mise en place d’un système de financement adapté à la situation des producteurs.

 

  1. LE DIAGNOSTIC DE LA FILIERE

 La filière viticole est constituée de 3 sous filières spécifiques dont le fonctionnement est différent.

Il faut remarquer que ces 3 sous filières dépendent de la même façon du secteur de la production de plants et font l’objet de la même politique sectorielle ce qui ne tient pas compte de leur spécificité.

 2.1. La vigne de cuve

 La vigne de cuve constitue une sous filière qui dispose d’un marché potentiel à l’exportation et qui joue un rôle moteur dans la dynamique de la filière.

La sous filière est organisée autour d’un acteur principal, l’ONCV qui intègre tous les niveaux de la filière. L’ONCV est engagé dans une logique de production de vins de qualité pour développer ses parts de marché à l’exportation. Cet objectif nécessite la maîtrise des encépagements et la réalisation de vignobles dans les zones de VAOG.

L’ONCV, dispose de son propre vignoble et encadre un réseau d’appui à la production, près de 11 000 ha soit environ 50 % du vignoble de cuve en production.

Elle est également intégrée à la SGP-DA qui dispose d’un potentiel foncier important.

Les plantations réalisées dans le cadre du PNDA ont été en partie effectuées avec des plants d’origine non connue. Il est nécessaire de revoir les dispositions du FNRDA et d’orienter l’appui aux plantations de vigne de cuve dans les zones de VAOG.

 2.2. La vigne de table

La composition actuelle du vignoble de table est dominée par les cépages de saisons. Le vignoble de table se localise dans les zones de relief et dans les zones de plaines. L’exploitation du vignoble de table est menée en extensif avec comme principale caractéristique la fluctuation des rendements et la concentration de la production sur une courte période de l’année.

Le développement du vignoble de table doit être réorienté vers la diversification des cépages en fonction des différentes zones d’implantation.

L’objectif est d’étaler la période de production et de mieux la répartir tout au long de  l’année. Le vignoble localisé en zone de montagne devra concerner en priorité les cépages tardifs, celui des zones du littoral les cépages précoces.

L’amélioration des conduites culturales ne peut se réaliser sans la mise en place d’un système de financement adapté pour les exploitations agricoles afin de permettre la prise en charge du crédit de campagne nécessaire à l’intensification de la production.

Actuellement le FNRDA prévoit une aide à l’intensification du système de production pour les céréales et les cultures spécialisées.

A moyen et à long terme et dans le cadre de l’adhésion de l’Algérie ZLE (zone de libre échange) il serait nécessaire d’envisager une forme de soutien aux vignobles de table localisés dans les zones de plaine pour augmenter la compétitivité du vignoble national.

L’intensification du vignoble de table réalisé dans les zones de plaines devra être encouragée par des dispositions du FNRDA au même titre que les cultures stratégiques.

2.3. La vigne à raisins de séchage

Aucune réalisation n’a été enregistrée pour la vigne à raisins de séchage.La relance de cette culture suppose des dispositions appropriées en matière de soutien. La politique d’appui passe par une meilleure localisation des implantations et par un encouragement plus consistant pour la vigne à raisins de séchage.

2.4. Conclusion

Le développement de la vigne en Algérie devra impérativement faire l’objet d’un réaménagement de la politique d’appui de l’Etat en fonction d’une meilleure définition des objectifs recherchés.

La redéfinition des objectifs devra impérativement passer par la maîtrise du secteur de la production de plants et par l’élaboration de schémas directeurs pour chaque zone potentielle.

Il faut également revoir la prise en charge du contrôle et du suivi des programmes de réalisations par une meilleure dotation des structures chargées de cette mission.

 LES RECOMMANDATIONS

 AXE 1 : La politique sectorielle

La politique de développement a fait l’objet d’un important effort depuis la mise en œuvre du PNDA. Ces efforts peuvent être évalués à différents niveaux :

- Au niveau de l’organisation de la filière vinicole l’intervention de l’ONCV, principal acteur de la filière dans la réalisation de vignobles, dans la gestion des infrastructures de production et l’aide aux viticulteurs est un atout considérable.

L’ONCV développe une politique de coopération pour améliorer la quantité et la qualité de ses produits et augmenter ses parts de marché à l’exportation. Bien que cette action soit bien engagée, le retard pris est considérable mais il reste l’avantage comparatif offert par les différents terroirs algériens et l’évolution actuel du marché international qui tend à s’orienter vers les vins de qualité.

Les réalisations très importantes en volume de plantations sont appréciables mais cela pose le problème de l’origine des plants utilisés, généralement un seul cépage à double fin domine l’encépagement. Il semble que le PNDA vise surtout  l’augmentation physique ; l’aspect qualitatif est théoriquement pris en charge par les producteurs et les instances locales. Il faut remarquer à cet effet que le PNDA a augmenté le travail des structures d’encadrement (DSA, ITAF) sans que les moyens aient augmenté de manière significative.

Le PNDA a permis d’étendre la superficie viticole nationale mais il se pose le problème de l’entretien du vignoble avant l’entrée en production et de son encadrement. Il est nécessaire de pérenniser les investissements en redéployant le soutien de l’Etat en matière d’aide directe et de formation vers les producteurs.

Dans le cadre de l’économie de marché et de la volonté de l’Algérie d’intégrer la zone de libre échange euro- méditerranéenne (Z.L.E.) et d’adhérer à l’OMC. Il est nécessaire de recentrer le soutien vers l’amélioration du rapport qualité / prix des produits et de leur compétitivité au niveau international. Cela revient à faire valoir les avantages comparatifs locaux en terme de période de maturation, variété et qualité des produits sans oublier les coûts de production.

Ce type de problèmes ainsi que l’organisation des filières d’exportation autour des associations de producteurs nécessite une prise en charge. Cela demande un effort dans le domaine de la recherche, vulgarisation de cépages, de techniques de multiplication et conduite des cultures. C’est le cas notamment pour l’œnologie où il existe un grand retard.

Un dernier aspect concerne la gestion des vignobles réalisés qui, compte tenu des objectifs visés, doit répondre à plusieurs impératifs :

- Assurer la protection des terres marginales tout en procurant un revenu aux riverains et maintenir l’emploi.

- Assurer des filières durables à l’exportation.

- Assurer l’approvisionnement du marché interne.

Toutes ces fonctions supposent une nécessaire modulation de la politique sectorielle dans les formes de soutien à apporter. Cet aspect est très important, compte tenu des accords OMC et ZLE qui prévoient à longue échéance la levée de toute forme de soutien aux produits agricoles et la levée des taxes douanières mises à part les cas spécifiques déjà prévus par les accords et auxquels il faudrait se conformer.

AXE 2 : Production, Certification et Multiplication des Plants Viticoles

Présentation

L′extension des Champs Pied Mère (CPM) de toutes les structures confondues est la suivante :

2000 :    960 ha                                                                                                                                 2001 : 1 140  ha                                                                                                                                   2002 : 1 231 ha

La superficie des pépinières agréées était de 438 ha en 2001. La capacité actuelle en production de plants est estimée à 40 Millions de plants en 2001. La production prévisionnelle en plants viticoles pour la campagne 2002-2003 est fixée par le Ministère à 103 Millions.

Le secteur comprend quatre types d’unités de production :

LeGDSP                                                                                                                                               La CRAPPS                                                                                                                                         Le privé                                                                                                                                               Les SAEX

Le privé est dominant en production de plants.

Le GDSP est équipé d’un atelier de greffage pour 10 Millions de plants et s’est doté d’un laboratoire de culture « in vitro » et d’autocontrôle phytosanitaire.

Diagnostic

En prenant en considération la production entière, on constate que le nombre de plants racinés  (101 559 370) et de plants en francs de pied (710 860) est élevé.

Dans le secteur des EAI et chez les privés l’utilisation du matériel végétal inconnu est assez répandue. Les raisons pour ces faiblesses sont multiples. Cependant, on constate notamment dans les pépinières privées qui se sont créés ces dernières années que les chefs d’entreprises et les cadres sont peu formés dans les domaines de la gestion technique, organisationnelle et économique des pépinières. Souvent, ils gèrent les unités comme une exploitation agricole de production de fruits sans respecter les particularités de la production de plants de qualité. Le déficit actuel est couvert par l’importation des plants.

Recommandations

En vue d’améliorer la situation il convient de préparer et de réaliser un programme d’action avec trois volets essentiels.

1°) Contrôle des plants produits et de leur utilisation :

Les plants en franc de pied proviennent essentiellement du secteur privé (705 000)

soit 99%. Il est nécessaire de contrôler strictement l’utilisation de ces plants dans les zones Nord du pays à cause de leur susceptibilité aux attaques du phylloxera.Il faut veiller à la stricte limitation de l’utilisation des plants en franc de pied dans le sud du pays pour deux raisons essentielles :  les francs de pied résistent mieux aux sels contenus dans les sols sahariens.

Compte tenu de l’absence du phylloxera dans la région du Sud, les plants ne subissent pas d’attaques du parasite.                                                                                                             Les moyens du CNCC actuels ne permettent malheureusement pas le contrôle de l’ensemble de la production de plants. Le volume de travail a considérablement augmenté sans que les moyens de cette institution n’aient évolué.

2°) Intensification – extension des CPM

Le potentiel en CPM a fortement évolué grâce à l’augmentation de la demande.La contrainte se situe apparemment au niveau de l’approvisionnement des plants racinés nécessaires à la création des CPM. Le problème n’a pas été résolu par les importations réalisées. Il est nécessaire de prévoir un programme pour permettre la disponibilité de ce type de matériel.La mise en oeuvre de ce programme exige un strict contrôle au niveau de la qualité requise surtout en cas d’importation et nécessite également de cibler exactement l’utilisation de ce matériel végétal et de vérifier qu’il sera réellement utilisé pour la création des CPM.

3°) Formation et Perfectionnement :

Pour répondre aux souhaits exprimés par les pépiniéristes concernant la formation, il est nécessaire de renforcer les services de formation – perfectionnement et vulgarisation de l’ITAF et des autres institutions par des moyens nécessaires pour répondre à la qualification de la profession. Pour que la formation soit efficace, il importe que les pépiniéristes s’organisent et qu’ils expriment eux même leurs besoins de perfectionnement. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils peuvent recevoir des programmes de formation adaptés aux besoins réels de la profession. Ils doivent également par la suite prendre en charge eux même la formation et organiser des cycles de vulgarisation et des stages de perfectionnement en faisant appel à des experts étrangers ou locaux spécialisés dans le domaine.

4°) Etablir une banque de données :

C’est une mission qui doit être confiée à l’observatoire de l’ITAF qui a été créé récemment.

AXE3 : Analyse de la production des raisins

Présentation

La superficie des vignobles pour les raisins de table s′étend sur 30 000 ha avec un rendement moyen de 52 q/ha.La production de raisins de table est de 1,5 Million de Qx. Elle assure une consommation moyenne de 5 kg/hab./an.75% de la production sont réalisés dans la région Centre et environ 25 % à l′Ouest du pays. La production de raisins de table dans la région « Est » est très faible.

Diagnostic

Les vignobles en production sont relativement âgés. La conduite se fait généralement de manière extensive. Les rendements sont très faibles dans les régions Est et Ouest du pays. Il existe des problèmes de financement pour les crédits de campagne.

Les connaissances sont acquises sur le tas, donc par le travail. Une formation systématique et générale fait défaut. Cette situation a prévalu aussi dans les nouvelles plantations ; mais ces connaissances ne jouent pas vraiment le rôle de moteur dans la modernisation du secteur.

Recommandations pour les vignes de table

Compte tenu du niveau de consommation relativement modéré des raisins de table en Algérie (les raisins de saison dominent largement), le marché local offre sans doute un potentiel. Afin d′en tirer profit, il faudrait planter des variétés précoces et tardives qui permettent de prolonger la période de récolte et de l′offre sur le marché.

Cette réorientation des vignobles offrirait également des perspectives d’exportation intéressantes vers les pays du Nord qui sont grands importateurs. Les fruits des cépages précoces viennent à maturité à une période qui n′est pas encore couverte par la production européenne.

La production des cépages tardifs intervient à la fin de l’année dans un contexte de consommation accrue en Europe pendant la période de fête. Rappelons que les cépages tardifs en Algérie sont les cépages locaux en grande majorité qui existent dans les zones de montagne. Mais leur amélioration est nécessaire. L’avantage offert est que ces cépages s’adaptent parfaitement en zone de montagne et permettent de valoriser les zones à faible potentiel.

Par contre, les perspectives d’écoulement de cette production dans les pays voisins sont plutôt modestes sinon inexistantes, car il y a une forte production au niveau du Bassin Méditerranéen pendant toute la période de production possible en Algérie.

D′une manière générale, l′extension des vignobles et l′augmentation de la production de raisins de table exigent deux adaptations importantes :

- Ce type de production devra être pratiqué en intensif en vue d′améliorer les rendements et bénéficier d’un soutien conséquent.

- L’installation de ces cépages nécessite d’abord un effort particulier dans la recherche pour la connaissance et l’amélioration du patrimoine local. Il s’agit d’un programme à long terme qui nécessite un appui et un suivi pour sa concrétisation.

Pour la vigne à raisins de séchage, le développement de la filière est complexe. Il nécessite le choix des zones d’implantation adéquate.Il est nécessaire d’organiser la valorisation des produits suivants des formes simples qui intègre la participation des populations locales. Cela permettra d’abaisser les coûts de transformation et de créer les postes d’emploi.Néanmoins, la production de raisins en vue du séchage et d′exportation pourrait toujours constituer un créneau intéressant si un promoteur y voit une opportunité.

Le PNDA soutient d′une manière égale les plantations de vigne de table et de cuve sans distinction de la sous filière ni du cépage concerné. Il faut aller à une modulation de ce type de soutien en fonction des plantations à réaliser (cépages précoces, saison, tardifs).

 

AXE 4 : Analyse de la transformation et du conditionnement des raisins

Présentation

Les vignes de cuve s′étalent sur une superficie de 21 000 ha, la production est de 348 000 Qx. Le rendement de 19,2 Qx/ha est donc faible. Les vignobles sont surtout localisés dans les régions Centre et Ouest.

Diagnostic

Malgré les efforts entrepris, on constate une faiblesse de plantations dans les VAOG. Au niveau de la transformation il y a une absence de maîtrise et des connaissances œnologique à signaler.

Enfin, il y a un certain nombre de contentieux sur les caves de vinification qui entraînent une sous-utilisation de l′infrastructure et sa dégradation.

L′Algérie est exportatrice de vin. Les recettes viennent en deuxième place (après les dattes) pour les exportations de produits d’origine agricole. On constate toutefois une certaine stagnation due à la faiblesse de la production mais aussi au manque de diversification de la qualité.

Recommandations

Afin de pallier les faiblesses et dangers identifiés, plusieurs activités sont à envisager :

- Favoriser les plantations dans les zones V.A.O.G. Pour cela, il est nécessaire de revoir la forme de soutien apportée par le FNRDA et d’augmenter la subvention accordée pour la plantation dans les zones de VAOG.

- Renforcer les moyens de l′ITAF pour actualiser la liste des cépages à utiliser et veiller au respect des normes établis pour l′agrément.

- Relancer la formation dans les métiers des cavistes, d′œnologues, etc.

La production de vin de qualité exige un savoir-faire et des connaissances dans le domaine d′œnologie. Actuellement il existe un vide au niveau de la formation spécialisée. En Algérie, mis à part une formation sur le tas assurée par l′ONCV, il n′y n’a aucune formation dans ce domaine qui est stratégique pour l′élaboration des vins de qualité.

AXE 5 : Organisation et fonctionnement des marchés au niveau national

 

Présentation

La production de raisins de table est relativement faible par rapport aux besoins de la population du pays. Il en résulte un niveau relativement bas de consommation par habitant. Il est de 5 kg/an.

Il faut également relever que l’époque de production est réduite à 3 mois, compte tenu des cépages utilisés. Il faut élargir la période de production, pour disposer du produit sur le marché plus longtemps.

Diagnostic

Les producteurs vendent leur récolte souvent sur pied, parce qu’ils ne peuvent pas prendre en charge les frais à cause de récolte et de commercialisation. Ils ne sont pas sensibilisés pour le gain

Qu’ils pourraient réalisés en s’organisant pour la commercialisation de leur production.

Enfin le marché des raisins, comme l’ensemble du marché des fruits et légumes, se caractérise par  l’absence des réglementations qui pourraient et devraient converger vers une amélioration de la qualité et de la présentation du produit. Les réseaux de distribution sont peu transparents. Le problème de l’organisation du marché est général, pour le cas des raisins, la faible production et la période réduite de mise sur le marché, font qu’il s’agit d’un produit secondaire pour le consommateur, et les tensions sont rares.

Recommandations

Elles sont globales pour l’ensemble des marchés de fruits. Il est nécessaire d’organiser la production à partir de l’exploitation même. Plusieurs formes d’organisation peuvent être mises en place en utilisant les moyens collectifs ou en spécifiant mieux les conditions de la vente sur pied qui doit être fait sous contrat.

Il est difficile dans les conditions actuelles de mettre en œuvre la réorganisation du marché, qui est dans tous les cas liée à l’augmentation de la production et à l’implication des producteurs.

Actuellement le ministère de commerce est en train de réviser la législation et le code du commerce, dans le sens d’une plus grande transparence dans la profession.

Il sollicite et encourage pour cela les professionnels de s’organiser pour une meilleure prise en charge du marché.

 AXE 6 : Le marché mondial

 Le Vin

Présentation

La surface cultivée de vigne de cuve au niveau mondial a diminué de 25 % (1,5 Million d’ha) les quinze dernières années, surtout à cause des arrachages en Europe. Par la suite, la production de vin a baissé de 18 % et a été ramenée à 275 Millions d’hectolitre  en 2000. Contrairement à cette tendance, la production en Australie et aux USA a connu une croissance importante. Malgré cette évolution, trois pays d’Europe (France, Italie, Espagne) réalisent à eux seul 52 % de la production et 64 % des exportations mondiales. La restriction de la production était dictée par une forte baisse de la consommation surtout en Europe qui a tout de même consommé en 2000 encore 70 % du total mondial. La demande est partiellement couverte par des importations surtout en Allemagne et dans le Royaume Uni. Ces deux pays absorbent actuellement environ 35 % du commerce international.

Diagnostic

Le problème central de la filière au niveau mondial et en particulier en Europe est la surproduction. Elle est estimée à 20 % de la production. Elle risque de s’accroître sous l’effet de la croissance de la productivité des vignobles performants en Europe pour faire face à la concurrence et de la mise en

place de nouveaux vignobles dans certains pays en Amérique et en Australie. Dans les années à venir, un renversement des tendances de la production n’est pas exclu.

Dans cet environnement, il s’avère difficile pour les pays exportateurs de défendre leur place sur le marché mondial et plus encore d’élargir leur part de marché. C’est avant tout au niveau de la qualité du produit que la concurrence se joue. Les vins à consommation courante sont de moins en moins demandés d’autant plus que les pratiques de coupage se perdent ou bien sont carrément prohibées.

Recommandations

Pour défendre la place sur le marché international et éventuellement étendre les exportations, il est impératif de produire un vin doté d’un label reconnu. Le choix de cépages et le maintien d’une bonne technologie de vinification sont les deux éléments de base d’une politique dans ce sens.

Dans la mesure où la filière en Algérie arrive à faire face à ces deux exigences le pays a des bonnes perspectives d’exportation vu le coût modéré de la main d’œuvre.

 Raisins de table et raisins secs

Présentation

La production mondiale des raisins à d’autres fins que le vin (consommation directe, séchage) est estimé approximativement à 12 Millions de tonnes. Environ 18 % (2,2 Millions de T.) sont acheminés vers les marchés extérieurs. Les exportations sont caractérisées par une forte concentration géographique. Les plus grands pays exportateurs sont l’Italie, le Chili et les USA. Ce dernier est en même temps le plus grand importateur suivi d’Allemagne, de la France et du Royaume Uni qui importent surtout des raisins secs.

Diagnostic

Le marché mondial des raisins de table a connu les dix dernières années une forte extension avec un taux de croissance annuelle de presque 5 %. Cette croissance était, certes, soutenue par la demande des pays en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest. L’Union Européenne continue à être importatrice de raisins de table et de raisins secs. Mais d’autres pays (Europe de l’Est, Chine) sont de plus en plus demandeurs de raisins de table.

Il importe de mentionner que l’UE applique une pratique de protection pour les raisins. Les importations de raisins de table sont soumises à une politique de prix minimum qui neutralise dans une certaine mesure les différences de prix entre l’offre de l’Union Européenne et les importations. De plus, l’Union accorde certaines aides au séchage et au stockage des raisins secs.

Recommandations

Il y a des indices qui laissent supposer que pour les années à venir la demande des raisins de table continue à se développer ; ce qui est encourageant pour les pays exportateurs. Par ailleurs la production, elle aussi, a tendance à croître par la reconversion des vignes de cuve en vigne de table.

Sur le marché d’exportation, l’Algérie n’exporte pas de raisins de table. Toutefois, le pays aurait un avantage sur le marché d’exportation des raisins de table par rapport à certains concurrents par la périodicité de la récolte. Dans Les récoltes peuvent se faire deux ou trois semaines avant l’Italie et      l’Espagne. Les marchés en Europe demandent les raisins pendant cette période. Saisissant cette opportunité pour des nouvelles plantations, il faudrait choisir des cépages appropriés et cibler des régions précises pour cet objectif.

Concernant les raisins secs, un potentiel existe également. Mais la production de sultanine se heurte aussi à la disponibilité de cépages appropriés et au choix des zones appropriées. De plus, le séchage et l’emballage nécessitent des investissements importants. Si dans l’immédiat l’exportation des raisins ne constituent pas d’option réalisable, il ne faudrait pas non plus l’écarter tout à fait dans un plan de développement à long terme.

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